Le terrain de Port-Aviation

Portrait de fbedei

La solution de la S.E.A. en 1908 est de trouver un terrain d'une centaine d'hectares, à l’abri des vents et sans obstacles.

Le terrain choisi se trouve en totalité sur le territoire de la commune de Viry Chatillon, aujourd'hui dans le département de l'Essonne. Sa proximité de Paris, à 15 km, le rend accessible au grand public car il est très facilement desservi par les gares de Juvisy à moins d’un kilomètre et de Savigny sur Orge. Au début, il est nécessaire de se trouver dans une cuvette. Les moteurs et les avions n’étant pas assez puissants peuvent plus facilement évoluer.

En cinq ans, l’évolution des machines et la première guerre permettront aux utilisateurs de s’installer tout naturellement sur les hauteurs autour de Port-Aviation.
Le centre d’instruction français en 1916 est obligé de s’aménager des annexes sur les plateaux du côté de Savigny, Fleury-Mérogis, ou de la Vieille Poste, aujourd’hui Orly.

L’inondation de 1910

Même encore aujourd’hui nous rencontrons des aberrations du genre «… le terrain est abandonné après les inondations de 1910 …». Bien entendu, il n'en est rien. Pouvons-nous imaginer qu’après les inondations de la Seine en 1910 de Melun jusqu’à Rouen tout ait été abandonné sur les plus proches bords de Seine comme à Paris ou à Issy-les-Moulineaux ? C’est impossible.

En 2014, à Viry-Chatillon le quartier de Port-Aviation est toujours inondable et toute cette zone est en rouge sur les cartes des zones inondables : l’ancien terrain et les habitations d’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que Viry-Chatillon est construit sur les alluvions de deux cours d’eau :

  • la Seine arrivant de Melun vient se heurter au coteau de Savigny et de Juvisy qui la dévie vers le nord,
  • l’Orge venant de Saint Germain les Arpajon par la vallée entre Epinay et Morsang-sur-Orge coule le long et au pied des coteaux de Savigny et Juvisy pour se jeter dans la Seine à Athis-Mons.

Si nous nous référençons au livre écrit en 1975 par Louis Brunel « JUVISY au XVIIIe siècle », en page 19 : "La véritable rivière d’Orge ne débouche pas à Viry. Je détiens les preuves irréfutables que ce canal (la fausse rivière d’Orge) a été creusé par les hommes."  et "… En effet, la « petite rivière de Viry », souvent dite « fausse rivière d’Orge », présentait le désavantage d’être «soutenue dans les temps des inondations par les eaux de la grande rivière (de Seine) qui la font gonfler, de manière qu’étant retenue dans la plaine entre Juvisy et Ris par la chaussée du Grand chemin qui n’a pas assez d’arche pour son débouchement, elle inonde tout le pays ; et comme le pontceau (pont d’Antin) qui se trouve dans son courant n’a qu’une arche étroite et basse, les eaux ont fouillé aux pieds des deux cullées et murs en aile qu’elles ont dégradé entièrement et fait ébouler en partie, en sorte qu’il est nécessaire de démolir le tout pour reconstruire un nouveau pontceau avec une arche plus large et plus exhaussée."

Mais il a fallu attendre encore bien des années pour limiter les débordements de Seine en construisant en amont quatre grands lacs artificiels; ils ont été mis en service pendant les périodes de 1950 à 1990.