La Ligue Nationale Aérienne

Le biologiste René QUINTON né en 1866 à Chaumes en Brie dans la Seine et Marne a créé un sérum qui  porte son nom : la Quintonine. Bienfaiteur de l'humanité, connu par  ses travaux sur les vertus curatives de l'eau de mer, mécène et protagoniste du vol à voile, il crée et  préside de 1908 à 1912, la Ligue Nationale Aérienne, première école d'aviation.

Le 5 juin 1908, à l'issue d'un dîner, le président Quinton convainc le capitaine Ferber de se faire mettre en détachement de l’armée pour prendre le poste de « professeur-instructeur ».

Quoique n'étant pas aviateur, il devient un fanatique de cette aviation naissante et ne ménage jamais ses bienfaits. Il harangue tous les créateurs et artisans de cette nouvelle locomotion, par contre sa forte personnalité et sa grande naïveté dans ce monde aérien ne font pas du tout l'unanimité et il devient en fait le bouc émissaire parfait.

Pourtant, certaines personnes ont eu à se souvenir avec quelle autorité et de quelle cinglante façon le Docteur répondait alors à tous ses détracteurs par la parole ou par la plume. Mort le 9 juillet 1925 à Paris, d'une angine de poitrine, le Docteur Quinton reste dans les mémoires un bienfaiteur de l'aviation et un porte-parole du vol à voile,  si controversé à cette époque en France.

C'est en 1908 que les aviateurs français ont à lutter, non pas contre l'indifférence, mais contre l'inertie générale. On se rappelle l'interdiction du champ de manœuvres d'Issy les Moulineaux, qui dure près d'un mois, interrompant d'une façon complète les expériences des premiers hommes volants. La conquête de l'air intéresse, mais personne ne croit à son avenir, pratique et prochain.

Pour lutter contre cette inertie, René Quinton offre un prix de 10 000 francs, qui vient s'ajouter aux dons généreux de Deutsch de la Meurthe, d’Archdeacon, et d’Armengaud jeune.

A cette époque en Allemagne, Zeppelin commence ses expériences qui se terminent le 6 août 1908, par une catastrophe. L'Allemagne entière, dans un même élan, souscrit en trois semaines trois millions de francs en faveur de la locomotion aérienne.

René Quinton se dit qu'il est impossible que la France se laisse ravir le premier rang dans une science si éminemment française.  Il fait démarches sur démarches, rassemble les plus hautes personnalités du monde des sciences, de la politique et des arts, obtient le concours de la presse et fonde le 3 septembre 1908, la Ligue Nationale Aérienne, dont le succès est considérable.

Le comité Directeur de la Ligue est composé comme suit :

Président : René Quinton

Vice-présidents :  messieurs Archdeacon, Deutsch de la Meurthe, Paul Painlevé membre de l’institut, le commandant Renard ancien directeur du Parc d’Aérostation militaire de Chalais Meudon.

Secrétaire général : M. le comte de Céligny.

Trésorier : M. Gaston Franchelli, membre du Comité consultatif des assurances au ministère du travail et de la prévoyance sociale.

Le siège se trouve  27, rue de Rome à Paris.

La Ligue crée une école d’élèves pilotes pour vulgariser la pratique de l'aéroplane, privilège d'un tout petit nombre. Celle-ci, devant le nombre considérable d'adhésions recueillies dès les premiers jours de sa fondation, démontre un réel besoin. Malgré les difficultés d'une organisation qui était tout entière à trouver, et une série d'incidents qui ont nui à sa prospérité, la Commission a formé trois pilotes : MM Ferber, Gaudart, et Richer. Les élèves de centrale et de Polytechnique se retrouvent le mercredi et le jeudi sur le terrain de Port-Aviation.

A partir de 1909, la Ligue Nationale Aérienne commence à collecter plus de 170 000 fr de prix en l'espace de trois mois. Au 31 décembre de la même année, 19 de ces prix sont gagnés, 54 000 fr. se trouvent répartis entre 11 lauréats et plus de 70 concurrents se sont inscrits pour tenter l'une ou l'autre des épreuves de la Ligue.

Trente quatre engagés prennent part à  la Grande Quinzaine de Port-Aviation , pour 60 000 francs de prix.  La Ligue Nationale Aérienne a eu l'honneur de mettre en compétition le grand prix d'aviation de la ville de Paris, pour un montant de 25 000 francs et le prix du Conseil Général de la Seine, pour 10 000 francs.

René Quinton, Port-Aviation

Tous les pilotes inscrits n'ont pu réaliser leur premier vol, faute de mise au point des appareils.  Ils ont cependant bénéficié de l'enseignement technique donné par le commandant Renard, les professeurs Drzewiecki et Taris à la Sorbonne, et de l'enseignement pratique du capitaine Ferber, avant sa mort inattendue. Par la suite, les écoles se sont multipliées mais la Ligue Nationale Aérienne en a été la première initiatrice.